vendredi 8 novembre 2013

Le contre-rêve d’enfant se réalise… et c’est bien comme ca ! – 8 novembre



Pour faire suite à la dernière ligne de mon billet précédent, mon costume d’halloween fut : « accident de vélo » donc du linge tout déchiré (j’ai demandé à des automobilistes des rouler sur mes vêtements étendus dans la rue), du faux sang (avec de l’encre à stylo rouge, TRÈS mauvaise idée… ca a pris 5 jours à partir !), et un vieux vélo démonté pour avoir des pièces un peu partout accroché sur moi. Voilà, belle halloween !


            Maintenant après environ 1 mois dans la construction, 1 mois de suppléance (avec moins d’appels qu’espéré mais tout de même), fatigué de végéter à attendre des appels, on m’a convoqué à une entrevu pour un poste d’enseignement dans une école autochtone à N’Dilo (petite réserve juste au bout du Old Town de Yellowknife) comme professeur de math, d’éducation physique et de choix de carrière. Bon, laissez-moi faire une parenthèse ici pour vous mettre un peu plus en contexte en ce qui concerne mon raisonnement cognitif à ce moment précis.

            Premièrement, le poste est en anglais. Petit, pour une raison qui nous échappe, j’avais une forte réticence à apprendre l’anglais. Malgré tous les efforts de mes parents pour m’inscrire aux scouts, au soccer, au hockey, à la garderie, en anglais, il n’y avait rien à faire je ne voulais pas parler anglais. Vous demanderez à ma famille, jusqu’à 6 ans je pensais qu’il suffisait de dire « and » au début d’une phrase pour parler anglais ( « and, on a gagné la partie de soccer hier »). Maintenant je vise à améliorer mon anglais mais, il reste plutôt imparfait.
           
            Deuxièmement, j’ai toujours beaucoup aimé les maths mais au moment de faire mes choix pour l’université, j’hésitais entre math, biologie et biochimie. J’ai mis les math de côté en me disant que je risquais de terminer comme prof de math et que ca ne m’intéressait pas le moins du monde !

            Troisièmement, c’est une école uniquement pour autochtone et j’ai entendu toute sorte de choses sur les difficultés retrouvées dans ce genre de milieu pour l’enseignement. Comment le défi quotidien n’est pas de leur faire comprendre la matière mais de les convaincre de venir à l’école simplement et la violence et les problème familiaux et le racisme et plein de points qui dissuadent à accepter ce genre de poste.

Bref, tout ça pour dire que je vais à ce qu’ils appellent prescreening – en gros c’est une entrevue, mais l’avantage ici c’est que si nous ne sommes pas sélectionné pour le poste, ils nous gardent en banque et peuvent nous appeler pour une autre ouverture et l’entrevue est déjà passée, donc pas besoin de la refaire – sans trop de conviction. Le poste est en anglais, l’entrevue aussi mais bon, qu’est-ce que j’ai à perdre, au pire, ils m’appelleront pour un autre poste plus tard.

L’entrevue, pardon, le prescreen, se passe plus ou moins bien à mon avis : des questions sur ma gestion de classe, mes méthodes de planification, je cherche des mots spécifiques pour bien l’expliquer mais, comme lors d’une première conduite en manuelle, je « stall », je suis beaucoup plus nerveux qu’à l’habitude, je tente de garder ma poker face mais vraiment ouf, c’est pas la meilleure première impression que j’ai fais de ma vie.  Je repars en me disant qu’au pire, si un poste dans une école d’immersion francophone s’ouvre, l’entrevue est déjà faite. Bah, faisons selon les coutumes locales, on va boire pour oublier ca (non j’ai pas vraiment fait ca un lundi) !

Ce matin, je me réveille vers 7h comme d’habitude, attendant le téléphone d’une école, la charmante voix de Cathy, ou peut-être Nathalie (des secrétaires), qui m’annoncerait que « Mme.Unetelle est malade, vient prendre sa classe de 3e année. ». Vers 9h alors que je me rendormais, ca fait brrrring brrrring (je dois changer cette sonnerie). « - Allo ?
- Hi, it’s Stacey from YK1, I was calling you to say you have the job at Kalemi Dene school in N’Dilo. Do you accept it?
- heeu, can I call you back in about 1 hour ? dis-je de ma voix semi-endormie que je tente tant bien que mal de camoufler.
            - Absolutely.

Ouf, petit temps de réflexion, j’appelle ma môman parce que je sais pas si je veux ca comme travail, en anglais? Avec des autochtones ? L’école est loin… le cours choix de carrière, vraiment ?
HEY, Je suis pas venu à Yellowknife pour voir et vivre la même chose que j’aurais pu faire à Montréal ou Toronto hein !
Ca fait que, rappelle la petite Stacey pour y dire un beau gros OUI ! Bang ! Je commence mardi !

De là… souhaitez moi bonne chance !  …. Svp ?

p.s. côté température, il fait déjà assez froid que mercredi dernier j’ai marché sur un lac.