Pour faire suite à la dernière ligne de mon billet précédent, mon costume d’halloween fut : « accident de vélo » donc du linge tout déchiré (j’ai demandé à des automobilistes des rouler sur mes vêtements étendus dans la rue), du faux sang (avec de l’encre à stylo rouge, TRÈS mauvaise idée… ca a pris 5 jours à partir !), et un vieux vélo démonté pour avoir des pièces un peu partout accroché sur moi. Voilà, belle halloween !
Maintenant
après environ 1 mois dans la construction, 1 mois de suppléance (avec moins
d’appels qu’espéré mais tout de même), fatigué de végéter à attendre des
appels, on m’a convoqué à une entrevu pour un poste d’enseignement dans une
école autochtone à N’Dilo (petite réserve juste au bout du Old Town de
Yellowknife) comme professeur de math, d’éducation physique et de choix de
carrière. Bon, laissez-moi faire une parenthèse ici pour vous mettre un peu
plus en contexte en ce qui concerne mon raisonnement cognitif à ce moment
précis.
Premièrement,
le poste est en anglais. Petit, pour une raison qui nous échappe, j’avais une
forte réticence à apprendre l’anglais. Malgré tous les efforts de mes parents
pour m’inscrire aux scouts, au soccer, au hockey, à la garderie, en anglais, il
n’y avait rien à faire je ne voulais pas parler anglais. Vous demanderez à ma
famille, jusqu’à 6 ans je pensais qu’il suffisait de dire « and » au
début d’une phrase pour parler anglais ( « and, on a gagné la partie de
soccer hier »). Maintenant je vise à améliorer mon anglais mais, il reste
plutôt imparfait.
Deuxièmement,
j’ai toujours beaucoup aimé les maths mais au moment de faire mes choix pour
l’université, j’hésitais entre math, biologie et biochimie. J’ai mis les math
de côté en me disant que je risquais de terminer comme prof de math et que ca
ne m’intéressait pas le moins du monde !
Troisièmement,
c’est une école uniquement pour autochtone et j’ai entendu toute sorte de
choses sur les difficultés retrouvées dans ce genre de milieu pour l’enseignement.
Comment le défi quotidien n’est pas de leur faire comprendre la matière mais de
les convaincre de venir à l’école simplement et la violence et les problème
familiaux et le racisme et plein de points qui dissuadent à accepter ce genre
de poste.
Bref, tout ça pour dire que je
vais à ce qu’ils appellent prescreening – en gros c’est une entrevue, mais
l’avantage ici c’est que si nous ne sommes pas sélectionné pour le poste, ils
nous gardent en banque et peuvent nous appeler pour une autre ouverture et
l’entrevue est déjà passée, donc pas besoin de la refaire – sans trop de
conviction. Le poste est en anglais, l’entrevue aussi mais bon, qu’est-ce que
j’ai à perdre, au pire, ils m’appelleront pour un autre poste plus tard.
L’entrevue, pardon, le prescreen,
se passe plus ou moins bien à mon avis : des questions sur ma gestion de
classe, mes méthodes de planification, je cherche des mots spécifiques pour
bien l’expliquer mais, comme lors d’une première conduite en manuelle, je
« stall », je suis beaucoup plus nerveux qu’à l’habitude, je tente de
garder ma poker face mais vraiment ouf, c’est pas la meilleure première
impression que j’ai fais de ma vie. Je repars en me disant qu’au pire, si un poste dans une école
d’immersion francophone s’ouvre, l’entrevue est déjà faite. Bah, faisons selon
les coutumes locales, on va boire pour oublier ca (non j’ai pas vraiment fait ca
un lundi) !
Ce matin, je me réveille vers 7h
comme d’habitude, attendant le téléphone d’une école, la charmante voix de
Cathy, ou peut-être Nathalie (des secrétaires), qui m’annoncerait que
« Mme.Unetelle est malade, vient prendre sa classe de 3e année. ».
Vers 9h alors que je me rendormais, ca fait brrrring brrrring (je dois changer
cette sonnerie). « - Allo ?
- Hi, it’s Stacey from YK1, I was calling you to
say you have the job at Kalemi Dene school in N’Dilo. Do you accept it?
- heeu, can I call you back in about 1 hour ?
dis-je de ma voix semi-endormie que je tente tant bien que mal de camoufler.
- Absolutely.
- Absolutely.
Ouf, petit temps de réflexion, j’appelle ma môman parce que
je sais pas si je veux ca comme travail, en anglais? Avec des autochtones ?
L’école est loin… le cours choix de carrière, vraiment ?
HEY, Je suis pas venu à Yellowknife pour voir et vivre la même chose que j’aurais pu faire à Montréal ou Toronto hein !
HEY, Je suis pas venu à Yellowknife pour voir et vivre la même chose que j’aurais pu faire à Montréal ou Toronto hein !
Ca fait que, rappelle la petite Stacey pour y dire un beau
gros OUI ! Bang ! Je commence mardi !
De là… souhaitez moi bonne chance ! …. Svp ?
p.s. côté température, il fait déjà assez froid que mercredi
dernier j’ai marché sur un lac.